Économie

Industrie pharmaceutique : pourquoi le Centre-Val de Loire est devenu l’un des piliers français du médicament

Par la rédaction d'Orléans Capitale · 11 juin 2026

Avec plus de 10 600 salariés, 63 établissements et 5,8 milliards d'euros d'exportations, le Centre-Val de Loire s'impose comme l'un des principaux territoires pharmaceutiques français. Une étude publiée par DEV'UP Centre-Val de Loire met en lumière le poids stratégique d'une filière qui se trouve aujourd'hui au cœur des enjeux de souveraineté sanitaire, d'innovation et de réindustrialisation.

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La crise sanitaire a remis l’industrie pharmaceutique au centre des préoccupations économiques et politiques. Relocalisation des productions, sécurisation des approvisionnements, innovation thérapeutique ou encore biotechnologies : le secteur est devenu l’un des symboles des nouvelles ambitions industrielles françaises.

Dans ce contexte, le Centre-Val de Loire occupe une place bien plus importante qu’il n’y paraît.

Selon une étude publiée par DEV’UP Centre-Val de Loire, la région figure parmi les principaux territoires pharmaceutiques du pays, aux côtés de l’Île-de-France, de la Normandie et d’Auvergne-Rhône-Alpes. À elle seule, elle rassemble 63 établissements liés à la pharmacie et aux biotechnologies et emploie 10 660 salariés.

Un poids économique majeur dans l’industrie régionale

L’industrie pharmaceutique représente désormais près de 7% des effectifs de l’industrie manufacturière régionale. Elle a généré 5,8 milliards d’euros d’exportations en 2024, confirmant son rôle de moteur économique pour le territoire.

La filière s’appuie sur un écosystème particulièrement structuré autour du cluster national Polepharma, du Groupement régional des entreprises pharmaceutiques industrielles du Centre (Grepic) et de l’Institut des métiers et technologies (IMT), référence nationale en matière de formation pharmaceutique.

La géographie de la filière montre toutefois une forte concentration territoriale. L’Eure-et-Loir regroupe à lui seul près de 40% des effectifs régionaux, devant le Loiret (31,7%) et l’Indre-et-Loire (19,2%). Ces trois départements concentrent l’essentiel des emplois et des sites de production.

Novo Nordisk, Servier, Sanofi : les géants sont déjà là

L’une des particularités du Centre-Val de Loire réside dans la présence simultanée de grands laboratoires internationaux et de puissants façonniers pharmaceutiques.

Le premier employeur régional est le groupe danois Novo Nordisk, dont le site de Chartres emploie près de 1 800 salariés. Il s’agit du seul site de production européen du groupe situé hors du Danemark. Spécialisé dans la fabrication d’insuline et de traitements injectables, il bénéficie actuellement d’investissements massifs liés à l’explosion mondiale de la demande pour les traitements contre le diabète et l’obésité.

Le façonnier Delpharm, présent à Orléans, Tours et Saint-Rémy-sur-Avre, emploie pour sa part plus de 1 000 salariés dans la région. Les Laboratoires Servier, implantés notamment à Gidy, figurent également parmi les principaux employeurs du secteur avec près de 1 000 collaborateurs répartis entre production et recherche.

L’étude recense également parmi les acteurs majeurs Fareva, Merck Santé, Pierre Fabre, Leo Pharma, Sanofi Winthrop Industrie ou encore les Laboratoires Chemineau.

Au total, les dix premiers employeurs concentrent plus de 62% des effectifs régionaux de la filière, illustrant le poids des grands groupes dans l’économie pharmaceutique locale.

Une industrie qui résiste mieux que les autres

Alors que de nombreux secteurs industriels ont connu des périodes de stagnation ou de recul, la pharmacie continue de créer des emplois.

Entre 2018 et 2024, les effectifs régionaux du secteur ont progressé de 12%, soit près du double de la croissance observée dans l’ensemble de l’industrie régionale sur la même période. Pour la quatrième année consécutive, l’emploi a encore progressé en 2024.

Cette dynamique permet au Centre-Val de Loire de se classer au quatrième rang national en nombre de salariés pour la production pharmaceutique et au cinquième rang pour le nombre d’établissements.

L’étude souligne également que la région bénéficie d’un tissu industriel particulièrement diversifié, allant de la production de principes actifs à la recherche en biotechnologies, en passant par la fabrication pour compte propre ou pour le compte de tiers.

Le défi des biomédicaments et de l’innovation

Si la région demeure historiquement un territoire de production, la transformation du secteur est déjà en cours.

Les grands laboratoires réorientent progressivement leurs investissements vers les biomédicaments, les maladies rares, l’oncologie ou encore les biotechnologies. Les activités de recherche et développement prennent une place croissante dans la chaîne de valeur.

Le Centre-Val de Loire compte aujourd’hui 22 établissements de recherche, de biotechnologies ou de R&D, signe de cette montée en gamme progressive.

L’inauguration récente par Servier de sa première unité dédiée aux biomédicaments à Gidy illustre cette évolution vers des productions à plus forte valeur ajoutée.

Un enjeu de souveraineté nationale

Au-delà des chiffres, l’étude rappelle que la pharmacie est devenue un enjeu stratégique pour la France.

Le Centre-Val de Loire dispose notamment de quatre sites producteurs de principes actifs, maillon essentiel de la chaîne de fabrication des médicaments et longtemps considéré comme l’un des points faibles de l’industrie française après plusieurs décennies de délocalisations.

Pour DEV’UP, la région dispose aujourd’hui de nombreux atouts pour accompagner les ambitions nationales de réindustrialisation : un savoir-faire historique, une concentration unique d’industriels, des infrastructures de formation reconnues et une capacité d’innovation croissante.

Reste désormais à relever plusieurs défis : attirer les compétences, accélérer les investissements industriels, accompagner l’émergence des biotechnologies et intégrer davantage l’intelligence artificielle dans les processus de recherche et de production. Autant de conditions nécessaires pour permettre au Centre-Val de Loire de conserver sa place parmi les territoires qui fabriquent la pharmacie française de demain.

Pour consulter l’intégralité de l’étude, c’est par ici.

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