Économie

Annick Noble (TotalEnergies) : « il ne faut pas tomber dans l’idéologie »

Par La rédaction d'Orléans Capitale · 4 novembre 2025

Annick Noble (TotalEnergies) : « il ne faut pas tomber dans l'idéologie »

Annick Noble (TotalEnergies) : « il ne faut pas tomber dans l'idéologie »

Lucide sur les lenteurs et les blocages qui freinent la décarbonation, Annick Noble plaide pour une transition énergétique plus simple, plus concrète et plus rapide. À la tête de TotalEnergies Centre-Val de Loire, elle défend une approche de terrain où la réussite passe par la coopération locale.

« Je suis tombée dans la marmite de l’énergie depuis le début ! », lance-t-elle dans un sourire. Ingénieure de formation, Annick Noble commence sa carrière chez Gaz de France sur les chantiers. « Je posais des canalisations, dans un monde où les femmes étaient rares. À l’époque, les équipements féminins n’existaient pas, et les blagues salaces faisaient partie du décor. »

Après dix ans dans cet univers technique, elle saisit le virage de la libéralisation du marché de l’énergie et rejoint TotalEnergies en 2003. « TotalEnergies m’a appelée à un moment charnière. L’entreprise voulait se lancer dans la commercialisation du gaz directement auprès des clients finaux, tout était à construire. C’était une page blanche, et j’adore construire. »

Du gaz aux territoires ruraux : retrouver le sens

Après le gaz naturel, elle se tourne vers le propane en cuve et contribue à raccorder des communes en délégation de service public. « J’y suis allée à reculons, mais j’ai vite trouvé du sens : le contact avec le monde rural, les agriculteurs, les personnes âgées isolées. Ces territoires, on les oublie trop souvent. »

En 2021, Annick Noble prend la tête de la direction régionale Centre-Val de Loire. « Je ne connaissais pas Orléans, mais je suis tombée amoureuse de cette région à taille humaine, enracinée dans la ruralité. Je m’y suis ancrée moi-même — j’ai même fait venir ma mère ! »

Une présence régionale souvent méconnue

Peu savent que TotalEnergies est un acteur économique majeur en Centre-Val de Loire. « Nous employons 3 300 personnes dans la région. Toutes les branches du groupe y sont présentes : raffinage et chimie avec Hutchinson, distribution avec près de 200 stations-service, gaz, électricité et énergies renouvelables. »

La Métairie et Truyes, vitrines de la transition solaire

Deux projets illustrent cette dynamique : La Métairie (Loiret), parc de 75 hectares et 54 MWc, et Truyes, en Indre-et-Loire. La centrale solaire de Truyes s’étend sur 30 hectares d’une ancienne carrière réhabilitée. Avec 48 800 panneaux photovoltaïques, elle produira 34,5 GWh/an, soit l’équivalent de la consommation de 21 500 habitants.

Pour la directrice régionale, l’avenir passe aussi par l’agrivoltaïsme. « Le solaire doit se mettre au service de l’agriculture. On ne peut pas avancer contre les agriculteurs. »

« Il ne faut pas tomber dans l’idéologie. La transition énergétique, c’est du concret, du terrain, de la coopération. Pas des postures. »

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