Économie

Au CESER, la CRESS Centre-Val de Loire alerte sur « l’abandon » de l’économie sociale et solidaire

Par la rédaction d'Orléans Capitale · 20 juillet 2026

Lors de la séance plénière du Conseil économique, social et environnemental régional (CESER) Centre-Val de Loire, le 22 juin dernier, le président de la Chambre régionale de l'économie sociale et solidaire (CRESS), Jean-Louis Desnoues, a dénoncé le recul du soutien de l'État envers l'ESS. Il appelle à un respect des engagements financiers et à une reconnaissance accrue du secteur, qui représente près de 10% du PIB français.

Jean-Louis DESNOUES CESER

Le ton était offensif.

À l’occasion de la séance plénière du CESER Centre-Val de Loire, le 22 juin, le président de la CRESS Centre-Val de Loire, Jean-Louis Desnoues, a consacré son intervention à la situation de l’économie sociale et solidaire (ESS), estimant que celle-ci se trouve aujourd’hui « en danger » en raison d’un désengagement progressif de l’État.

« L’Économie sociale et solidaire est en danger. Pas à cause d’un manque de projets, de compétences, de volonté ou de capacité à innover, mais à cause du retrait délibéré de l’État », a-t-il déclaré.

« Les promesses ne sont pas tenues »

Jean-Louis Desnoues estime que les discours favorables à l’ESS ne sont plus suivis d’effets concrets.

Pour appuyer son propos, il rappelle que 150 millions d’euros avaient été annoncés dans le cadre du plan France Relance en 2020 pour soutenir l’économie sociale et solidaire.

Selon lui, 45 millions d’euros seulement auraient finalement été engagés, soit environ 30% des montants annoncés.

Il cite également la baisse du Fonds pour l’innovation sociale (FISO), dont le budget annuel serait passé de 50 millions d’euros à 25 millions d’euros en 2024.

Autre exemple évoqué : les clauses sociales dans les marchés publics, qui devaient représenter 25% des appels d’offres mais n’atteindraient, selon lui, que 5%.

Enfin, il dénonce des délais administratifs pouvant atteindre un an, contre trois mois annoncés, fragilisant les structures les plus modestes.

Des conséquences pour les structures de l’ESS

Selon le président de la CRESS, ces difficultés financières ont des conséquences directes sur les acteurs du secteur.

« Des associations ferment, des coopératives licencient, des projets innovants dans l’insertion, l’énergie renouvelable ou l’alimentation durable s’effondrent faute de moyens », a-t-il affirmé.

Il regrette que les structures de l’ESS soient amenées à assurer des missions d’intérêt général sans disposer, selon lui, des moyens nécessaires pour les conduire durablement.

« L’ESS est un pilier de notre société »

Dans son intervention, Jean-Louis Desnoues rappelle le poids économique du secteur.

Selon les chiffres cités, l’économie sociale et solidaire représente 2,4 millions d’emplois en France et environ 10% du produit intérieur brut.

« L’ESS n’est pas un secteur comme les autres. Elle incarne une autre façon de faire de l’économie : une économie où l’humain prime sur le profit, où la solidarité l’emporte sur la spéculation, où l’écologie guide les décisions », a-t-il déclaré.

Un appel à la mobilisation

En conclusion, le président de la CRESS Centre-Val de Loire appelle l’État à respecter ses engagements financiers, à simplifier les procédures administratives et à reconnaître pleinement le rôle joué par l’économie sociale et solidaire dans les territoires.

Il invite également les acteurs du secteur et les citoyens à poursuivre leur mobilisation, notamment en soutenant les actions engagées par les réseaux de l’ESS.

À travers cette prise de parole, la CRESS Centre-Val de Loire souhaite replacer le financement de l’économie sociale et solidaire au cœur du débat public, alors que de nombreuses structures associatives, coopératives et mutualistes font face à un contexte budgétaire de plus en plus contraint.

À lire aussi

Voir tout Économie →