Hausse des carburants : les transporteurs routiers dénoncent des aides trop lentes face à l’urgence
Alors que les prix des carburants restent élevés dans le contexte des tensions au Moyen-Orient, la Fédération nationale des transports routiers (FNTR) estime que les mesures annoncées par le gouvernement ne répondent pas à l'urgence économique rencontrée par les entreprises du secteur.
Sept semaines après le début de la flambée des prix des carburants liée à la crise au Moyen-Orient, la Fédération nationale des transports routiers (FNTR) tire la sonnette d’alarme.
Dans un communiqué publié le 15 avril, l’organisation professionnelle estime que de nombreuses entreprises du transport routier de marchandises se trouvent dans une situation financière particulièrement fragile et dénonce le retard pris dans la mise en œuvre des dispositifs de soutien annoncés par l’État.
Des entreprises confrontées à des tensions de trésorerie
La FNTR souligne notamment que le dispositif d’aides directes forfaitaires annoncé par le gouvernement n’est toujours pas opérationnel plusieurs semaines après sa présentation.
Selon l’organisation, les entreprises manquent de visibilité sur les modalités d’accès aux aides et sur les délais de versement, alors même que les besoins de trésorerie sont immédiats.
La fédération affirme que certaines sociétés ont déjà été contraintes de limiter leur activité en immobilisant une partie de leur flotte afin d’éviter de travailler à perte, tandis que d’autres seraient confrontées à des risques de cessation d’activité.
Le secteur estime également que le « prêt flash carburant » proposé par Bpifrance ne constitue pas une réponse suffisante. La FNTR juge que ce mécanisme augmente l’endettement des entreprises sans apporter de solution durable aux tensions de trésorerie.
La profession regarde du côté des voisins européens
La fédération compare la situation française aux mesures mises en œuvre dans plusieurs pays européens.
Elle cite notamment l’Allemagne, qui vient d’annoncer une baisse temporaire de la fiscalité sur les carburants, ainsi que l’Espagne, l’Italie ou le Portugal, qui ont également adopté des dispositifs de soutien spécifiques.
Dans le même temps, la Commission européenne travaille à la mise en place d’un cadre temporaire permettant aux États membres d’accorder plus facilement des aides ciblées aux secteurs économiques les plus exposés à la hausse des coûts énergétiques.
La FNTR estime par ailleurs que les mesures de transition énergétique actuellement portées par le gouvernement, notamment autour de l’électrification du transport routier, répondent à des objectifs de long terme mais ne permettent pas de traiter les difficultés immédiates rencontrées par les entreprises.
La fédération appelle ainsi les pouvoirs publics à renforcer les dispositifs de soutien à la trésorerie et à agir plus directement sur le coût des carburants afin d’éviter une dégradation durable de la situation économique du secteur, qui représente un maillon essentiel de l’approvisionnement des entreprises et des consommateurs.